Niger BioPlast, le Niger au vert

Un article de Jeune Afrique

L’aventure de Niger Bioplast commence avec une moto-tricycle et quelques bacs à collecte. À la fin de 2016, la jeune société intègre le Centre incubateur des PME au Niger (Cipmen). Au sein duquel, avec son associé Kokuvi Asseye Sodoké (camarade togolais rencontré à Dakar, qui détient 25 % de Niger Bioplast). Sofiani Boukari consolide l’entreprise.

Elle emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes, s’est équipée de cinq tricycles pour sillonner Niamey quotidiennement. Afin de collecter les poubelles de ses clients (publics et privés) et transporter les déchets jusqu’au centre de tri, puis les valoriser et les recycler.

L’entreprise compte parmi ses clients une cinquantaine de particuliers. La plupart ont souscrit le contrat standard de 5 000 F CFA par mois, pour deux collectes par semaine. Surtout, soutenue par l’Usaid et l’ambassade de France, la société a obtenu plusieurs contrats avec des chancelleries étrangères (France, Sénégal, Bénin…), des hôtels et des entreprises.

Contrat avec l’État

En décembre 2017, Niger Bioplast a par ailleurs été recrutée par l’État. Pour assurer la collecte et la gestion des déchets à l’occasion des cérémonies de la fête de l’Indépendance, qui se sont déroulées à Tahoua. « On voit que les gens sont prêts à payer nos services quand ceux de l’État ou des collectivités locales sont déficients, constate Sofiani Boukari. Nous sommes d’ailleurs quasiment les seuls à être actifs sur toute la chaîne. Depuis le ramassage jusqu’au traitement des déchets. Et il y a un fort potentiel de création d’emplois, surtout peu qualifiés. »

L’entreprise poursuit son développement. Son informatisation est en cours, sa plateforme internet permet notamment d’émettre une alerte. Egalement de signaler un déménagement ou de commander des articles sur son compte client (sacs oxobiodégradables, bacs et poubelles grand ou petit format, jumelles pour le tri sélectif, etc.). « Nous voulons aussi produire et commercialiser nos propres sacs biodégradables, plutôt que d’en importer. Surtout, nous voulons inciter les gens à trier davantage », explique Sofiani Boukari.

Acquisition en cours d’un incinérateur écologique, création d’objets à base de déchets (transformation de sacs de riz usagés en cartables). Ouverture d’un centre de formation sur le recyclage d’ici à deux ans… Les projets ne manquent pas. Et les sollicitations affluent, depuis Zinder, Dosso ou encore Agadez, pour l’ouverture de franchises.

« C’est trop risqué pour le moment, mais c’est encourageant », conclut le Directeur. Il compte lancer prochainement une opération de marketing porte-à-porte pour enrichir sa clientèle et vise un chiffre d’affaires de 100 millions de F CFA pour 2018.

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